Alex Rider - Série (2020)
Alex Rider - Série (2020)

Série de Guy Burt Action et aventure 2 saisons (en cours) Prime Video 43 min 4 juin 2020

Les aventures de l'adolescent espion Alex Rider, contraint d'infiltrer Point Blanc, un pensionnat destiné aux rejetons rebelles de multimilliardaires qui semble cacher de sombres secrets...

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Alex Rider torrent


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Bande annonce:


La série Alex Rider - livres jeunesses écrit par le prolifique Anthony Horowitz racontant les aventures d'un espion de 14 ans - avait déjà connu une adaptation dans les années 2000, pluôt calamiteuse (mais que j'aimais bien , comme un énorme plaisir coupable, notamment pour son casting plutôt stylé bien que sous utilisé). Enorme flop, ce film gentiment nanar aurait pu sonner le glas d'un nouveau portage à l'écran d' Alex Rider jusqu'à ce que Sony finance un projet de série : ici, plus question de film pour enfants, la série sera plus sombre, plus réaliste et clairement à destination d'un public plus vieux que celui des livres. A la réal' Guy Burt à qui on devait "Borgia", une série visiblement appréciée. Ça ne partait donc pas trop mal.

Sauf que rendre une œuvre "mature" suppose de l'avoir un minimum lue et comprise. D'avoir du talent et un casting digne de ce nom, également. Et enfin de ne pas transformer ladite œuvre en produit de son époque, au sens le plus putassier du terme.

Et comme j'ai lu dans Konbini que les fans d'Alex rider pouvaient se réjouir, je ne vais pas me priver. Parce que je trouve le résultat tout sauf réjouissant.

La caution "réaliste" ou pourquoi l'adaptation, l'air de rien, c'est un métier

Déjà, balayons le "c'est pas comme dans le livre" : ça, je pense qu'un bon fan doit s'en foutre. On adapte soit parce que ce qui fonctionne à l'écrit ne marcherait pas à l'écran - plusieurs aspects des livres d'Alex rider sont clairement trop "over the top" pour ne pas paraître un peu ridicule en live - soit pour améliorer les points faibles de l’œuvre originale - qui sont nombreux, à commencer par le fait qu'elle date un peu dans ses références aujourd'hui. Donc, en effet, transposer les livres à l'écran tel quel aurait été sinon inutile franchement pas très heureux.

Et l'idée qu'on modernise et qu'on rende le tout plus adulte était la meilleure idée à avoir : le public a vieillit, les dénouements trop gentillets des bouquins avaient besoin d'être un peu "déniaisés".

Sauf qu'ici, moderniser et rendre "plus adulte" consiste à empiler les clichés en s'imaginant devenir plus mature : rendre Alex beaucoup plus violent - sans raison apparente et il en avait pourtant de très bonnes pour le devenir dans l'histoire d'origine - rajouter des plans sur les cadavres, une séquence où on voit des lycéens picoler jusqu'à en vomir, sous entendre qu'Alex est "perturbé" alors qu'on l'a vu mener une existence parfaitement normale jusqu'ici, greffer sur le tout un filtre bleu tellement outré que cela rend l'image complètement artificielle et surtout ne pas oublier de demander à tout le casting de faire constamment la gueule. Bref, appliquer une couche sur la forme au lieu de retravailler son fond.

Juste comme ça, les livres avaient commencé - certes très timidement - à gagner cette maturité en introduisant dans les histoires de véritables problématiques géopolitiques complexes comme le terrorisme ou l'égémonie américaine. Mais c'était sûrement moins efficace qu'un filtre bleu.

En parallèle de cela, "réalisme" oblige, les exploits d'Alex n'ont du coup plus rien d'incroyable ou d'exceptionnel. En lieu et place de prouesses physiques ou de moments de bravoure on a donc un lycéen lambda qui s'infiltre dans sa classe pour forcer le tiroir de son prof et récupérer un smartphone confisqué pour pouvoir... aller à une fête pour draguer et se bourrer. Alors on va me dire que c'est ce qu'un lycéen ferait et je répondrais que Kevin, 16 ans, sûrement mais Alex Rider, futur James Bond, comment dire que je trouve ça terriblement bas de plafond ? Depuis quand Alex Rider s'est transformé en spring breakers ? La caution "modernisation"/"maturité" sans doute ?

Le résultat, c'est qu'Alex est au final un lycéen totalement quelconque - dont l'ingéniosité pour comprendre que son oncle a été tué fait donc extrêmement forcée puisqu'il n'a montré jusque là ni malice, ni intelligence particulièrement appuyée, ni curiosité particulière, son seul fait d'arme étant de filmer les conneries de ses copains sur son smartphone. Super. Et si au moins c'était rattrapé par autre chose, je pourrais comprendre qu'on fasse d'Alex un gamin plus en phase avec ce que les ados ont de pire, mais reste que ça rend son personnage aussi antipathique que con. Ce qui est un poil embêtant vu que c'est notre héros et que le but n'était apparemment pas d'en faire un anti-héros. Pas tout à fait en tout cas.

Et il faut dire que le casting n'aide vraiment pas.

L'équipe B

Déjà, le fait qu'il n'y ait au casting aucun "grand" acteur britannique m'avait mis la puce à l'oreille mais je m'étais ravisé en me disant que ça ne constituait absolument pas une preuve - le casting du film Stormbreaker était prestigieux et le film n'en restait pas moins mauvais. Mais force est de constater que même avec la plus grande tolérance, le résultat est franchement médiocre : comme dit, tous les acteurs tirent la gueule, à la limite de la constipation et sont réduits à des archétypes de leurs personnages. Mention spécial à Tom, personnage très secondaire dans le livre, ici transformé en insupportable sidekick comic-relief pseudo artiste qui occupe clairement trop d'espace, totalement caricatural, il parle jusqu'à en être saoulant pour ne jamais rien dire d'intéressant (autant pour la caution "réaliste", dans un vrai lycée, un type comme ça se ferait racketter jusqu'à son slip par les terminales). Il n'a cependant pas de mal à l'occuper, cet espace, laissé totalement vide par Otto Farrant, qui campe - enfin essaye de camper - Alex Rider.

Désolé pour l'acteur, peut-être très bon dans d'autres rôles, mais ici, il est inconsistant, manque cruellement de charisme et de présence pour être convaincant. Qu'on fasse d'Alex un gamin moins idéal, moins angélique en apparence n'est pas une mauvaise idée, mais ce pauvre Farrant a davantage la gueule d'un type sous anxiolytique qui se fait taper à la récré qu'un petit génie de l'infiltration. Sans compter qu'il fait clairement son âge et n'a absolument pas l'air d'un lycéen ni dans son attitude ni dans son physique. Et son design, coupe de cheveux et grosses cernes ne l'aide pas du tout.

Une petite mention un peu plus positive pour l'acteur incarnant Yassen Gregorovich à l'écran qui quoi qu'il ait une bonne grosse gueule de tueur russe des années 80 - réaliiiiiiisme - donne à son personnage quelque chose de presque triste qui contraste un peu avec le jeu uniforme et paralytique du reste du casting. Heureusement. Parce qu'honnêtement, c'est un florilège de gueules constipées et de regards de poisson mort (bravo à l'actrice qui joue Jack, à qui il aurait été bien de subtiliser sa boîte de somnifère pour qu'elle ait une autre expression que celle de la mort cérébrale.). On a envie de secouer ce casting amorphe et coincé, à se demander quelle a été la direction d'acteur sur le plateau. Au final, on a l'équipe B en terme de comédien, qui joue bel et bien comme l'équipe B. Mal ou pas du tout. J'en suis venu à regretter le cabotinage de certains acteurs de Stormbreaker, c'est dire.

Joe, tu pourrais arrêter avec tes filtres ?

Sur le coup, j'aurais pu être plus cool avec la réalisation, plutôt soignée et qui sait prendre le temps de poser son ambiance. Le fait est qu'au premier regard, elle a une certaine élégance. Mais je n'ai pas pu me départir de l'impression que certains plans étaient fait au pif : pour être plus précis, que certains angles/cadrages étaient mis là non pas parce qu'ils avaient du sens dans ce qu'ils voulaient représenter mais juste parce que... c'était joli. Certains jeux de lumière, par exemple, ne me semblent absolument pas justifiés pour l'ambiance ou le propos, même si je reconnais volontiers que c'est très esthétique.

Ce qui l'est moins, esthétique, c'est le travail de photographie, saturée de filtre gueulards en bleu/orange/rouge une bonne partie du temps au point que je pense n'avoir jamais vu le grain de peau réel de certains comédiens, et encore une fois de manière totalement aléatoire. Nous avons ainsi ce plan, en traveling arrière - qui sont légion dans la série - sur Alex assis au bureau de son oncle, en train de fixer la caméra d'un air "trop dark" le tout sous une lumière... orange. Pourquoi orange ? Aucune idée, ce qui est sûr c'est que si l'intention était de donner une lumière crépusculaire, barbouiller l'image en orange fluo n'était pas à mon avis l'approche du meilleur goût.

Au final on perçoit une envie de belles images mais totalement déconnectée du récit, de son sens et de ses personnages, ce qui donne un objet esthétique mais sans beaucoup de sens. Du coup cela réduit les bonnes idées de mise en scène à quelque chose de plutôt creux, ce qui est vraiment dommage vu que c'était à peu près la seule chose que j'avais envie de complimenter.

Et puisqu'on parle de sens...

L'air du temps... en version sous vide

Il m'aura fallu arriver à la mission d'Alex - infiltrer un pensionnat pour enfants riches difficiles - pour comprendre quelle était la "démarche" de la série, à savoir s'inscrire dans son époque, chose que ne font plus tout à fait les livres puisqu'écrits il y a plus de dix ans. Sauf que pour ce faire, au même titre que sa prétendue "maturité", elle le fait de façon complètement artificielle : En réduisant les personnages de riches à de grands méchants qui méritent qu'on leur foute le bordel, qui méritent que leurs ados se rebiffent et les humilient, les conchient et les méprisent. Tout ça sans finesse, sans second degré. Alex ne sauve pas le monde, à vrai dire il n'en a pas grand chose à foutre ici, il veut juste mettre la merde dans un institut pour riche parce qu'ils le méritent.

Petite parenthèse : il y a presque vingt ans de ça, Anthony horrowitz, l'auteur d'Alex rider, avait écrit un très bon livre jeunesse dont l'idée était "d'inverser" le corps d'un gamin de famille riche et de gamin de famille pauvre. Outre qu'il était une bonne histoire fantastique, le livre était bien grinçant sur les écarts de classe sociale et critiquaient les deux, sans malveillance mais avec sévérité. Il y avait des salauds et des gens peu intéressants de part et d'autre et pour un livre dit jeunesse, l'analyse était assez fine sans se départir d'un humour assez féroce. Comment dire que la série Alex Rider, supposée réaliste, n'a pas le dixième de cette finesse ? Et pour cause : sa "critique" n'est qu'en surface et ne cherche qu'à caresser le spectateur dans le sens du poil, sans le faire réfléchir, avec un bon bouc émissaire bien manichéen. Et cela rejoint les personnages d'Ado accrocs à la picole et au smartphone : ça ratisse large côté spectateur, de cette façon, et peu importe que le résultat soit de fait très oubliable. Ce n'est pas tant que je reproche à Alex Rider de détester son propos, c'est qu'il ait ce propos de manière putassière et superficielle. Et je n'en reviens pas qu'Anthony Horrowitz ait validé cette coquille vide. Ni qu'un spectateur se fasse avoir par un propos aussi creux mais qui visiblement se croit très intelligent. Non, mettre des filtres sociétaux, au même titre que des filtres de couleur ne te rend pas plus moderne. Cela trahit simplement le fait que tu n'as pas plus compris ton époque que l’œuvre sur laquelle tu te bases, série. Pire : tu t'en fous complètement.

Avant de partir...

Le comic-relief de la série dit dans le premier épisode "tous les scénarios sont du copié collé. Il n'y a plus aucun sentiment derrière tout ça". Si on peut douter que ce soit une soudaine prise de conscience vu comme ce truc se prend au sérieux, c'est peut-être le seul moment où il aura suscité mon approbation. "Alex Rider" c'est le filtre instagram apposé sur une série certes peu réaliste et pas mal vieillissante au niveau de ses codes : c'est un procédé automatisé, sans âme, sans passion, sans aucune créativité. Le degré 0 de l'adaptation qui gomme les irrégularités pour faire ressembler l’œuvre d'horrowitz à n'importe quelle autre. Totalement dispensable.